Apprentis d'Auteuil

Auteuil Formation Continue ­- ASPROCEP

Le Mas du Calme 51, chemin de la Tourache – 06130 GRASSE

Le nouveau dispositif d’ insertion d’AFC Asprocep

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Chantier Éducatif Maraîchage : l’écocitoyenneté a son nouvel outil !

Avec la rupture de la convention Justice-Région à la fin de l’année 2016, AFC Asprocep s’est interrogé sur la façon dont pouvait être pérennisé la prise en charge de public en difficulté d’ insertion. C’est l’ensemble des partenaires concernés qui fut ainsi réuni autour de la table : PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse), Direction territoriale Justice, CAPG (Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse), Service Cohésion de la ville de Grasse, des délégués du Préfet ainsi que les prescripteurs (Missions Locales, foyers). L’idée qui émergea assez rapidement de cette rencontre : la création d’un nouveau projet «  Chantier Educatif Maraîchage ». A nouveau dispositif, nouvelle budgétisation. Le financement du Chantier Éducatif Maraîchage repose sur plusieurs financeurs. Pour le public des Mineurs Non Accompagnés (MNA) : du mécénat de banque couplé à du FSE Région. Pour le public relevant de la PJJ : cofinancement protection judiciaire, FIPD (Fonds Interministériel de la Prévention de la délinquance), CAPG, Région via leur service « Citoyenneté Région », FSE Région. Une fois relevé le défi de la budgétisation, quid du contenu et des objectifs de ce tout nouveau dispositif ?

L’employabilité comme priorité

Sur le Chantier Éducatif Maraîchage, les apprentissages s’organisent en demi-journées. Le matin : Français remise à niveau, Français Langue Étrangères (FLE), Citoyenneté avec focus sur les valeurs de la république, Protection sanitaire et santé (hygiène, alimentation). L’après-midi se passe sur le terrain : sur le chantier maraîchage stricto sensu. L’idée est d’y travailler les savoirs de base et les savoirs être. Plantes, légumes et même fleurs en lien avec le territoire grassois y sont cultivés. L’objectif est notamment de valoriser la production à destination de l’autre chantier d’ insertion : celui du restaurant du Mas du Calme. Ce chantier, les mains dans la terre, constitue un authentique support d’apprentissage multi-matières. En maths, on va y réaliser des calculs de périmètres ; en Français, on travaille la communication en passant des commandes de matériel agricole. On l’aura compris : le principe est de veiller à toujours se placer en situation professionnelle.

Deux groupes ont ainsi été créés. Côté PJJ : un groupe de 8 jeunes sous main de justice, en suivi éducatif de la protection judiciaire, associés à des jeunes provenant des quartiers prioritaires de la CAPG. Côté MNA : un groupe de 10 jeunes qui dépendent de la protection de l’enfance (en foyer). Il s’agit de réfugiés, de migrants. Bien sûr, les objectifs diffèrent selon les groupes. Pour le premier : travail sur les savoirs de base et les savoirs être, et prioritairement sur le projet professionnel. A l’issue, ces jeunes doivent soit avoir trouvé un emploi, soit avoir intégré une formation qualifiante. Pour le second : FLE, mise en application sur le chantier, connaissance de la société dans laquelle ils vivent désormais (pour l’essentiel, viennent du Bénin, Mali, Bengladesh, Turquie, Pakistan…). Ainsi, pendant les cours de FLE, l’oral est privilégié car ces jeunes sont déjà en situation de travail lors du maraîchage et ils aspirent tous à trouver un stage puis un apprentissage rapidement. Anne d’Arrentières, formatrice FLE intervenant sur les MNA explique la démarche : « Avec ces jeunes venus d’Asie, d’Afrique et d’Orient, je travaille avant tout la phonétique : savoir discriminer les sons leur permet de mieux comprendre et surtout de mieux se faire comprendre par une meilleure prononciation. Je leur explique comment positionner la langue dans l’appareil phonatoire et par où passe l’air (le nez, la bouche) , l’ouverture de la bouche pour chaque son. En fait c’est de la correction phonétique car je me suis aperçue que beaucoup écrivaient correctement, comprenaient à la lecture mais ne savait pas trop se faire comprendre. Par ailleurs, pour que l’apprentissage soit efficace, il faut travailler en dehors des cours , c’est pourquoi du vocabulaire est à apprendre le soir au foyer ou dans le bus, lors des longs trajets qui les emmènent à l’ASPROCEP. »

Partenaires et formateurs, main dans la main

L’équipe constituée par AFC Asprocep sur ce tout nouveau Chantier Éducatif Maraîchage est constituée de deux personnes : un encadrant technique éducatrice, Anne-Marie VOYE, et Mr Canio Di Careino. Alors que le chantier opère en maraîchage bio et dans l’optique de communiquer aux jeunes une réelle vision du développement durable, elle ne cache pas son enthousiasme : «  En arrivant sur le chantier, ces jeunes n’ont aucune notion de la protection de l’environnement. Mais là, ça commence à leur parler ! On est allé voir un maraîcher qui travaille en bio, car l’objectif c’est bien sûr de leur faire rencontrer des professionnels et de leur trouver des stages. Il y a une ambiance formidable au niveau de l’équipe, on agit avec le même objectif : que ces jeunes, en sortant du dispositif, aient acquis des valeurs d’écocitoyenneté et de développement durable. Mieux : qu’ils puissent se positionner en consom’acteurs ! ». Pour Sabine Fialon, Responsable de formation d’AFC Asprocep, ce nouveau chantier est aussi l’expression d’une capacité de mobilisation au niveau territoire pour le moins rassurante : «  C’est innovateur, ça montre que tous les partenaires se sont mobilisés. Avec la rupture de la convention, nous nous sommes retrouvés dans l’impossibilité d’orienter le public relevant de la justice. Répondre au milieu ouvert, d’accord, mais sans oublier le milieu fermé ! Il nous fallait urgemment répondre à cette mission d’accompagnement des mineurs sur notre territoire. Cela a été ressourçant par rapport aux difficultés que nous avons rencontrées en début d’année. On a tout de suite été en phase avec la DRPJJ. Et puis, la ville aussi s’est mobilisée. »

Ce Chantier Educatif Maraîchage qui a débuté le 24 avril dernier se terminera le 31 décembre. Huit mois d’une formation répondant à elle seule à la plus grande variété de missions : accueil des migrants mineurs, insertion des jeunes sous main de justice, sensibilisation aux valeurs d’un civisme intégrant le développement durable. On ne peut justement que lui souhaiter une existence… durable !

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